4 idées reçues sur Erasmus

Cela fait maintenant deux mois que les cours ont commencé. Largement suffisant pour prendre mes repères et confronter la réalité que je vis avec ce que j’ai entendu avant mon départ.

Et c’est clairement différent !

Parmi tout ce que j’ai pu entendre sur Erasmus, voici 4 clichés qui, dans mon cas, s’avèrent complètement faux.

1) « En Erasmus, tu vas faire tout le temps la fête ! »

On ne va pas se mentir, en Erasmus on peut faire beaucoup de soirées, c’est vrai. Le réseau Erasmus est bien organisé dans la plupart des grandes universités. Les activités proposées sont nombreuses : des sorties touristiques aux soirées mousse en passant par les initiations au kayak. Dans mon cas à Bilbao, il y en a vraiment pour tous les goûts ! Pratique pour rencontrer du monde dans une ville où l’on vient de s’installer. Et puis, une fois qu’on a noué de nouvelles connaissances, quoi de mieux que de passer du bon temps ensemble… En allant faire la fête ? Scénario simple et efficace. Mais non, la mobilité Erasmus n’est pas (forcément) un enchaînement de soirées « Erasmus party » et autres barathons pendant un, voire deux semestres . Pour une raison simple : la personnalité de chacun ! Comme je l’ai indiqué plus haut, chacun trouvera son compte dans la ville qui l’accueille, les rois de la night comme les autres. Franchement, avez-vous déjà vu un étudiant peu adepte des soirées en boîte en France, se métamorphoser en Erasmus ? Et inversement, ce pote qui envoie toujours des photos de soirées depuis qu’il est parti, il n’aimait pas déjà sortir avant ?
Bref, oui Erasmus c’est une bonne opportunité de s’éclater… De la façon que l’on choisit.

 

Ah, cette fameuse scène du film L’auberge espagnole, quand Xavier et ses amis passent une nuit de fête, avec la bande son de Daft Punk…

2) « Je ne veux pas suivre des cours qui n’ont rien à voir avec ma formation initiale »

Moi en cours de chimie (Tumblr Lolabego)

Des cours de poterie en guise de 4ème année d’ingénieur informatique ? De la physique quantique pour achever une licence de droit ? En effet, même si ça peut être très intéressant, c’est plutôt déconseillé. Certains étudiants se découragent au moment d’établir leur contrat d’études, qui doit respecter une certaine équivalence avec leur cursus d’origine.
Pourtant, les informations sont à portée de clic : toutes les universités publient sur leur site web leur offre de formation avec la liste détaillée des cours et leur description. Cela peut prendre du temps, mais ça vaut le coup de l’éplucher pour s’assurer que les cours proposés conviennent.
Par ailleurs, même si la formation n’est pas exactement la même, si deux universités/écoles/sections sont partenaires, c’est que des cursus compatibles sont proposés. Effrayé par les petites différences ? Elles pourront se révéler des atouts ! Certes, il faudra parfois s’adapter très rapidement à des sujets nouveaux, et aller chercher soi-même les informations qui font défaut. Une expérience très formatrice qui fait partie, à mon sens, des points forts d’Erasmus. Mais parfois ça sera l’inverse : vous vous retrouverez avec plus d’acquis que vos collègues, faisant de vous un « expert ».
Ces situations peuvent êtres vécues en Erasmus mais aussi… Au retour. Et au final, elles sont représentatives de la vie professionnelle : on passe rarement son temps avec des collègues de la même génération ayant tous suivi la même formation.

3) « En Espagne, le niveau est trop élevé »

C’est un peu le préjugé inverse du 1). À plusieurs reprises, j’ai entendu que l’Espagne était impopulaire chez les étudiants en ingénierie (et plus particulièrement, INSAliens) car le niveau y serait trop élevé.
Je ne peux évidemment pas tirer de conclusion générale, mais après 2 mois en M1 « ingénierie des matériaux » à l’école d’ingénieurs de Bilbao (UPV-EHU), je n’ai rien rencontré d’insurmontable. Il y a des cours plus difficiles que d’autres, une certaine quantité de travail personnel (devoirs à rendre, évaluations à la fin de chaque module de 4 semaines…), une organisation différente (lire ici). Mais ce n’est pas plus difficile qu’à l’INSA, d’autant plus que le volume horaire est plus léger. Bien sûr, il faut être à l’aise en Espagnol, mais une fois franchie la « barrière de la langue », c’est un cursus tout à fait accessible. Un certain nombre d’étudiants de ma promo ont fait leur « grado » (équivalent licence) dans d’autres universités d’Espagne, chacun arrive avec ses acquis et ses lacunes mais tout le monde s’en sort à peu près au même niveau. Je suppose donc qu’ailleurs, les cursus sont tout aussi abordables. D’ailleurs avant de partir, je m’étais renseigné auprès d’étudiants INSAliens revenus d’Espagne. Leur constat était à peu près le même que le mien : non, l’Erasmus en Espagne n’est pas une période « hola vamos a la playa », mais ce n’est pas le bagne non plus, loin de là !

De l’INSA Lyon à l’UPV-EHU Bilbao

4) « Je privilégie une mobilité en projet de fin d’études ou en stage car c’est beaucoup plus valorisant sur le CV »

LA bonne idée qui m’a donné envie d’écrire cet article. C’est un argument qui peut s’entendre, même si je suis convaincu qu’une période de cours bien valorisée vaut mieux qu’un projet/stage mal valorisé. Mais surtout… Est-ce que rester en France est la meilleure solution pour trouver un stage ou un projet de fin d’études à l’étranger ?
Depuis le début des cours, tous les professeurs que nous rencontrons nous présentent les thématiques abordées par leurs laboratoires et les projets de fin d’étude qui y sont proposés. C’est quand même beaucoup plus simple d’en parler avec eux en étant déjà sur place, intégré à l’université, que d’envoyer des mails sans jamais avoir eu de vrai contact. Idem pour ce qui est des stages, en étant sur place, vous rassurez en montrant que vous êtes déjà installé et vous êtes disponible pour les entretiens. En plus de ça, vous pouvez bénéficier du réseau de contacts de l’université qui vous accueille (sans compter vos contacts personnels). Dans mon cas, j’ai pu faire une visite d’entreprise dans le cadre d’un cours, lors de laquelle on nous a clairement indiqué que nous serions les bienvenus comme stagiaires.
Certains objecteront : « oui mais, je ne peux pas partir sans la bourse Erasmus, donc je réserve ma mobilité pour le PFE/stage ». Saviez-vous que les aides à la mobilité Erasmus sont limitées à 12 mois par cycle d’études ? Autrement dit, vous pouvez cumuler jusqu’à 12 mois de mobilité au niveau licence, puis repartir jusqu’à 12 mois en master! Et même au sein d’un même cycle, c’est tout à fait possible de cumuler un semestre de cours et un semestre de stage, par exemple (lire ici). Seul obstacle : il faudra faire deux fois les formalités administratives, mais ça, c’est une autre histoire.

ça en revanche, ce n’est pas loin de la réalité… Mais on y survit.

Les plus exigeants avanceront qu’ils ne veulent pas cumuler d’eux mobilité dans le même pays. Mais… Qu’est-ce qui empêche de partir quand même (lire ici ou ) ? Dans tous les cas, vous ne serez pas sur place au moment de chercher la 2ème mobilité. En revanche, en étant déjà en mobilité, vous prouvez votre capacité à vous adapter à l’étranger, éventuellement votre maîtrise d’une langue étrangère. Dernier point : toutes les universités cherchent à développer des relations dans toute l’Europe. Je suis actuellement en Espagne, mais mon directeur d’étude m’a récemment envoyé une offre de stage… En Suisse.

Bref, en Erasmus comme dans tout cursus universitaire, il n’y a rien d’écrit à l’avance avance. C’est avant tout un projet personnel, à construire soi-même, et qui offre énormément d’opportunités !

 

About the author

Mi-cycliste, mi-étudiant en ingénierie mécanique à l'INSA Lyon.
En échange Erasmus à l'Université du Pays Basque à Bilbao pour l'année 2018/2019. J'ai regardé 300 fois "l'Auberge Espagnole" et "Le vélo de Ghislain Lambert" avant de me lancer dans l'aventure.

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