Du Portugal aux Flandres

Mieux qu’un pass Interrail : un petit road trip en Europe, grâce au vélo.

Près du Portugal : la Vuelta a Zamora

Il y a près d’un mois, je courais ma deuxième Vuelta sur le territoire espagnol. Elle se disputait autour de Zamora, à proximité de la frontière portugaise. Un concentré de ce qu’on peu attendre sur une course à étapes : 5 jours de course avec un prologue, une étape de plaine, des étapes accidentées et montagneuses. Le tout sur des routes parfois excellentes, parfois très mauvaises, et avec un peloton d’un très grand niveau. Pour moi comme pour l’ensemble de l’équipe, ça a été une semaine difficile. La chance n’a pas toujours été de notre côté, comme lorsque notre leader a été contraint à l’abandon suite à une chute due à un choc contre… Un chat traversant la route ! Pour avoir une petite idée de la course, je vous recommande cette belle vidéo :

Après une semaine de récupération, c’est reparti pour une semaine de compétition direction… La Belgique !

Une semaine en Flandres

« Courir en Flandres ». Ces trois mots représentent un rêve pour beaucoup de coureurs. C’est une région connue pour sa culture cycliste, ses champions et ses courses mythiques (Gent-Wevelgem, le Tour des Flandres pour ne citer que ces deux-là). Au-delà des fantasmes, j’ai eu l’opportunité de me frotter à la réalité pendant une semaine sous la canicule de juillet.

En arrivant sur place, je me dis que j’ai une chance assez dingue : un Français dans une équipe Basque qui court en Belgique… Plutôt sympa, l’Europe vue sur un vélo.

Notre programme de course comprenait 3 critériums et une course en circuit de très haut niveau, l’Internatie à Reningelst. Je le savais déjà, mais c’est devenu une certitude : je n’aime pas les critériums ! A bloc tout le temps, avec la menace d’être mis mis hors course dès que l’on perd un tour sur la tête. Le cyclisme à la dure.

Au départ d’un critérium. Photo Beñat Unamuno

Même si je n’apprécie pas ce genre de course, cela m’a permis de faire des intensités et travailler ma technique. Et d’apprécier la culture flandrienne des critériums. Même en pleine semaine, il y a des spectateurs au bord de la route, et surtout à la terrasse du bar où les bookmakers prennent les paris tout en suivant le Tour de France à la télévision. Ce n’est pas la grande foule non plus, mais le public est connaisseur et observe chaque coureur. Notre équipe suscitait forcément la curiosité et ne passait pas inaperçue.

Ceux qui ont parié sur nous ont perdu de l’argent… Photo Eiser Hirumet

« Regarde, un grimpeur ! »

Mais mon objectif de la semaine était tout autre : il s’agissait de l’Internatie, la course élite où nous avions l’opportunité de nous mesurer aux meilleurs, avec notamment l’équipe Lotto-Soudal U23, la réserve de l’équipe World Tour. Malheureusement pour moi, l’expérience a tourné  court : lors du premier tour, j’ai été victime d’une double crevaison ! Évidemment, à ce moment-là le rythme était très élevé, la voiture de l’équipe était la dernière de la file, et la voiture neutre s’était arrêtée 100 mètres avant pour dépanner un autre coureur… J’ai vite pris beaucoup de retard. Malgré une intense chasse « derrière voiture », je n’ai jamais pu rattraper le peloton. Journée terminée avec plus d’échauffement que de course ! Une déception immense difficile à digérer sur le moment.

Petite anecdote : après avoir rangé mon vélo dans le camion de l’équipe, je remonte à pieds le long du circuit. Alors que je passe à côté d’une équipe française, un membre du staff, me croyant Espagnol, dit tout haut à un collègue : « Regarde les mollets, c’est un grimpeur ! » En effet, mon morphotype est plutôt rare dans les Flandres, où les coureurs sont beaucoup plus massifs que moi. Il n’empêche que j’aurais bien aimé pouvoir me mesurer à eux… Et dire qu’en Espagne, je suis bien loin des meilleurs grimpeurs !

Retour au Pays Basque

Nous sommes rentrés au Pays Basque la veille de l’arrivée du Tour de France.  Sur l’autoroute, nous avons croisé l’ensemble de la caravane qui faisait le chemin inverse, d’Espelette vers Paris. Deux mondes parfois si proches, et pourtant tellement différents ! La mésaventure de mon nouveau coéquipier Jokin en est un bel exemple :

Néanmoins, je sais qu’il y avait deux membres du LSE dans la caravane du Tour, j’espère qu’ils ont bien profité de l’expérience 😉

Après la Belgique, je suis passé en mode récup. Mais malheureusement, je suis rentré malade de Belgique et les quelques jours de repos que j’ai pris n’ont pas suffi. J’ai donc du prolonger un peu plus que prévu ma période de récupération. Mais je ne suis pas cloué au lit non plus et j’ai profité du beau temps pour faire un saut à Bilbao et rencontrer Mikel, mon parrain étudiant à l’université. Petit à petit, ma condition s’améliore et je devrais pouvoir être opérationnel la semaine prochaine. Encore un gros mois de courses en Espagne avant de terminer la saison et de faire la rentrée universitaire !

About the author

Mi-cycliste, mi-étudiant en ingénierie mécanique à l'INSA Lyon.
En échange Erasmus à l'Université du Pays Basque à Bilbao pour l'année 2018/2019. J'ai regardé 300 fois "l'Auberge Espagnole" et "Le vélo de Ghislain Lambert" avant de me lancer dans l'aventure.

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