La Cipale, pas si pâle…

Le rendez-vous était pris de longue date. Ce mardi, je devais faire une séance de spécifique facilement transposable sur la piste. Je suis donc allé à la Cipale. Je n’étais plus venu dans ce vélodrome depuis mon départ à Lyon en 2012.

Entre-temps, il y a eu des travaux de rénovation et de longs mois d’attente. En effet, l’entreprise chargée de réaliser la rénovation ne maîtrisait pas son sujet et les malfaçons étaient nombreuses. Ponçages et inspections des experts se sont succédés. Pendant un temps on a parlé d’abandonner la piste. Les passionnés se sont fédérés en association (sauvons.la-cipale.fr) et ont alerté les élus locaux. Finalement la piste a été homologuée et sa réouverture a eu lieu en début d’année.

Pour ma part, je tenais à y revenir dès que possible, car c’est ici que j’ai découvert le cyclisme sur piste. Mon club, l’AV Thiais, m’y a emmené dès ma première licence, j’avais 7 ans ! Comme des dizaines d’autres gamins j’ai débuté avec mon vélo de route aux Mercredis Populaires dirigés par Christian Dague (lui aussi de l’AV Thiais, il m’a emmené souvent à la Cipale !) et Lucien Bouniol. Aujourd’hui Christian n’est plus là mais j’espère que les Mercredis Populaires, délocalisés à Aulnay-sous-Bois, pourront revenir. Je n’en suis pas certain, mais il me semble que c’est aux Mercredis Populaires qu’un certain Michaël d’Almeida -membre de l’équipe de France de sprint et médaillé olympique à Londres- a débuté la piste. A la fin de mon parcours en école de vélo, j’ai testé le vrai vélo de piste à pignon fixe, toujours à la Cipale. J’ai aimé ça et je suis souvent revenu à la Cipale, que ce soit pour des entraînements ou des compétitions. Ce vélodrome, je le connais par cœur et j’y suis très attaché. Même pendant la période de travaux, quand je revenais en Île-de-France j’allais souvent sur place pour voir les avancées.

Une vue de la Cipale modernisée. Photo facebook "Sauvons le vélodrome de la Cipale"
Une vue de la Cipale modernisée. Photo facebook « Sauvons le vélodrome de la Cipale »

Alors forcément, j’étais heureux de pouvoir y revenir ! J’ai pu constater qu’en effet, la piste porte les stigmates des travaux qui ont été menés : le revêtement n’est pas uniforme, et ça saute un peu par endroits. Il y a déjà quelques fissures en bord de piste, il faudra voir comment tout cela résiste à l’usure du temps. En arrivant j’ai croisé quelques vétérans toujours fidèles au poste, qui m’ont confié être là « tous les jours, et dès 8 heures ! » mais ils sont rapidement partis et j’ai fait ma séance tout seul. Il y avait beaucoup de vent, un coup de face, un coup de dos dans les grandes lignes droites. Pour finir ma séance je me suis imposé une petite séance de 40 tours au train.

La piste développe 500 mètres, ça me laissait le temps de cogiter ! Il me restait encore 25 ou 26 tours, et j’étais en train de me demander si la Cipale n’était visitée que par les Masters parisiens et moi-même. Après tout, maintenant il y a le bel écrin de Saint-Quentin-en-Yvelines, initialement prévu pour les Jeux Olympiques de 2012 et qui a accueilli les mondiaux 2015… Forcément à côté, la Cipale, qui a accueilli les Jeux Olympiques de 1900 et 1924, fait figure de vestige du passé.

Mais à ce moment-là, en passant devant la tribune principale, j’ai aperçu une grande silhouette dans le couloir d’accès à la piste. Au tour d’après, la silhouette était toujours là et me tournait le dos, penchée sur son sac. Alors j’ai d’abord reconnu le vélo : le Look de l’équipe de France. Au tour d’après le doute n’était plus permis : j’étais en présence du vice-champion olympique et champion du monde 2015 de vitesse, Grégory Baugé ! Ainsi, lui aussi vient toujours à la Cipale. J’avais déjà croisé l’équipe de France lors d’un de mes derniers entraînements en 2012, mais le vélodrome de Saint-Quentin-en-Yvelines n’était alors pas sorti de terre… Voir ce champion continuer à s’entraîner sur ce vélodrome extérieur, exposé au vent et pourtant situé juste à côté de la piste couverte de l’INSEP montre bien s’il en était besoin, que la Cipale a encore un avenir. Pour Baugé, le chemin vers Rio passe par là ! Quant à moi, je ne prépare pas Rio, mais disposer d’un vélodrome en accès libre, gratuit -ou presque, pour y rouler à l’année il faut s’acquitter d’une modique cotisation-, dans le Sud parisien est un atout pour chaque fois où je reviens dans les parages. Et peut-être que le prochain Baugé débutera le cyclisme sur cette piste facilement abordable pour les tous jeunes. Et les moins jeunes.

Un peloton en pleine compétition à la Cipale en 2012
Un peloton en pleine compétition à la Cipale en 2012. Photo Louis Kedemos.

Un petit bonjour et chacun se concentre sur sa séance. Je n’ai pas pu lui demander, mais je suis persuadé que si Grégory Baugé continue à venir à la Cipale, c’est aussi pour l’atmosphère du lieu. Le calme à la lisière du bois de Vincennes, non loin de l’autoroute et du périphérique parisien : on a presque l’impression d’y être seul au monde. Bonne séance monsieur Baugé, et bonne chance pour Rio !

About the author

Mi-cycliste, mi-étudiant en ingénierie mécanique à l'INSA Lyon.
En échange Erasmus à l'Université du Pays Basque à Bilbao pour l'année 2018/2019. J'ai regardé 300 fois "l'Auberge Espagnole" et "Le vélo de Ghislain Lambert" avant de me lancer dans l'aventure.

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