Le demi-fond ne se fait pas à moitié

Saint-Amand-Montrond, 12 juillet 2015

Un par un, les dernys font entendre leur bourdonnement et rejoignent le centre de la piste. Les pilotes organisent ce matin un stage de formation, et cet après-midi a lieu une compétition avec 3 manches derrière les engins. Plusieurs mois après ma dernière course derrière moteur, le championnat de France de demi-fond 2014, je replonge dans l’univers des courses avec entraînement motorisé. Comment en suis-je arrivé là ?

Tout a commencé début 2014, quand j’ai contacté Marc Pacheco pour bénéficier d’entraînements derrière son derny. Ce type d’entraînement est réputé pour améliorer la résistance et le coup de pédale, et Marc est un excellent pilote qui possède une longue expérience du cyclisme, et en particulier de la piste. D’abord comme coureur puis comme « pacemaker », comprendre pilote qui gère l’allure du coureur dans son sillage, le « stayer ». Nous avons enchaîné les séances et j’ai progressé régulièrement. Et puis un jour Marc m’a lancé : « Tu te débrouilles bien, je vais t’emmener courir en demi-fond ! »

Le demi-fond, c’est des courses de 15 à 50 km où chaque coureur s’abrite derrière une grosse moto équipée d’un rouleau. Grâce à l’abri de la moto et du pilote, le coureur, juché sur un vélo spécifique, atteint des vitesses élevées : 60, 70 voire 80 km/h. J’en avais déjà vu une fois sur la piste de Saint-Denis, et une autre fois plus récemment à Lyon. Jamais je n’aurais eu l’idée de me lancer dans une discipline si folle. Mais quand Marc m’a proposé, je me suis dit : « Pourquoi ne pas essayer juste une fois ? » Histoire de ne pas rejeter la discipline sans l’avoir essayée.

Derrière Marc à Plouay, fin août 2014. Photo
Derrière Marc à Plouay, fin août 2014. Photo Murielle Lhumeau

Et c’est ainsi que j’ai goûté au rouleau, pour ne plus le lâcher. Dès le premier entraînement, cela m’a procuré des sensations terribles. Il y a la vitesse et l’effet d’aspiration bien sûr, mais aussi cet effort si particulier, sans à-coup, qui te porte à ton maximum. Car en demi-fond, on ne fait pas les choses à moitié. Impossible de se cacher. Les mauvais jours -j’en ai connus- sont terribles. Les bons, un vrai régal. Pendant la saison 2014, j’ai suivi Marc sur plusieurs courses en France, et même en Allemagne. Puis en septembre, j’ai préparé le championnat de France avec son fils Sylvain. Notre duo a bien fonctionné, trouvant les automatismes au fil des courses. Il ne nous a pas manqué grand-chose -un peu d’expérience- pour rentrer en finale sur l’anneau de Saint-Quentin-en-Yvelines. Nous nous sommes promis d’y revenir, mais pas en 2015 pour moi. En effet cette année, le championnat tombait en juin, en même temps que les partiels de fin du Premier Cycle. Le demi-fond est une discipline très exigeante, et l’INSA dans un autre domaine l’est tout autant. J’aurais pu cumuler les deux mais j’étais certain qu’au mieux je n’aurais connu qu’une réussite moyenne sur les deux fronts. J’ai donc fait le choix de m’abstenir cette année. Pour mieux revenir, à fond dans le demi-fond.

Après la petite finale remportée du championnat : merci pilote !
Après la petite finale remportée du championnat : merci pilote !

 

Pour plus d’informations sur le demi-fond et le derny, je vous invite à visiter le blog très complet de Patrick Police : stayer-fr.blog4ever.net

About the author

Mi-cycliste, mi-étudiant en ingénierie mécanique à l'INSA Lyon.
En échange Erasmus à l'Université du Pays Basque à Bilbao pour l'année 2018/2019. J'ai regardé 300 fois "l'Auberge Espagnole" et "Le vélo de Ghislain Lambert" avant de me lancer dans l'aventure.

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