Erasmus Euskadi

Ça y est, j’y suis : je m’installe au Pays Basque (Euskadi en basque) pour un séjour Erasmus à Bilbao.

Je suis arrivé samedi à Abadiño (Abadiano en Espagnol, j’emploie le nom basque) , (très) petite  ville dans la province de Biscaye. Mais tout a commencé bien plus tôt.

Un Basque Lyonnais au Tour du Beaujolais

En effet, les 9 et 10 juin, j’ai pu courir le Tour du Beaujolais avec ma nouvelle équipe Eiser Hirumet. Ce n’est pas moi qui suis allé au Pays Basque, ce sont les Basques qui sont venus à moi. Ou plutôt l’équipe basque mais multi-culturelle : parmi les coureurs alignés sur cette épreuve, 3 Anglais, 2 Espagnols et moi, le régional l’étape. J’ai tenté de mettre à profit le fait d’être « coureur local » : j’avais reconnu le parcours auparavant et transmis un maximum d’information à l’équipe.

L’équipe Eiser Hirumet au Tour du Beaujolais. Photo : Patrick Berjot

La course était très belle, et très difficile aussi ! Des parcours très exigeants, de la chaleur et surtout un niveau très relevé. Les Basques (comme la moitié du peloton) ont mal vécu la première montée sèche à bloc le premier jour. Pour ma part j’ai pu m’accrocher et finir dans ce qui restait du peloton. Le second jour nous avions 2 étapes. Lors de l’étape du matin, un critérium tout plat, je prends le maillot de leader de la 2ème catégorie. Malheureusement l’après-midi,  je chute alors que la course était déjà bien décantée et qu’il ne restait plus qu’un seul col à franchir. Une grosse chute en descente, spectaculaire mais sans mal pour moi, une chance. Mais le temps de me relever et de repartir je suis distancé par le peloton. Heureusement, mon coéquipier George (qui a aussi un blog sympa) m’attend et m’emmène jusqu’au premier passage sur la ligne. Je n’ai « plus que » le col à gravir. Je termine comme je peux et sauve mon très symbolique maillot de 2ème catégorie. L’honneur est sauf, nous ramenons un maillot et devant moi Adrian et Ashley ont fait une belle 3ème étape. Bien sûr, le maillot de 2ème catégorie ne signifie pas grand-chose (d’ailleurs, il n’y a même pas de catégories en Espagne) mais c’est toujours valorisant pour l’équipe de monter sur le podium. Certaines grosses écuries présentes sur le Tour du Beaujolais n’ont pas pu le faire, même pour le prix de la combativité… A titre personnel, j’ai passé un week-end de folie. Le seul bémol est cette chute qui me prive d’une place intéressante au général (je dois terminer 40ème je crois). Et, chose non négligeable, je me suis aperçu dans les jours qui suivaient que j’avais cassé le cadre de mon vélo ! Heureusement il était assuré, et grâce à la réactivité de Fred Annequin j’ai vite pu trouver une nouvelle monture. Jusqu’au bout, Fred m’aura sauvé la mise !

Un dernier beau projet à l’INSA

A peine rentré du Beaujolais j’ai enchaîné avec une semaine hyper intense à l’INSA. C’était la semaine de rendu du projet collectif sur lequel je travaille depuis février avec un groupe de 24 étudiants. Les derniers jours ont été un gros moment de rush, et tout s’est bien passé. Il y avait un gros défi à relever : synthétiser en 1 heure le travail de 2 équipes de 12 qui ont évolué en parallèle pendant 3 mois avant de se réunir pour tirer le meilleur de leurs conceptions et fabriquer un prototype en juin. Nous avons pris du plaisir à travailler ensemble et je pense que cela s’est ressenti dans notre soutenance. Bien que le prototype ne soit pas tout à fait terminé, il a été accueilli très favorablement par le jury et surtout par le maître d’ouvrage. Après la soutenance, nous avons approfondi le travail sur la partie électricité du projet avant de conclure par un moment convivial. Nous avons eu des échanges passionnants, c’est vraiment une chance et un plaisir de terminer ma période lyonnaise sur un projet si positif.

Je partage ici la seconde vidéo du projet, une troisième suivra… Peut-être !

La dernière course à Lyon, au vélodrome

Dernière course à Lyon et premier bouquet sous le maillot Eiser Hirumet

J’ai couru le 17 juin ma dernière course en France. J’ai eu la chance de terminer à domicile au vélodrome de Lyon. J’y ai gagné la course aux points et l’américaine en équipe avec Virgile, un des juniors de LSE. Le relais est transmis 😉

Puis j’ai très vite dû faire mes valises car la date de mon départ approchait. Le 23 juin, j’ai finalement franchi la frontière pour atteindre Abadiño.


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C’est un coin très tranquille (pour vous donner une idée : Villeurbanne = 149 000 habitants, Oyonnax = 22 000 habitants, Abadiño = 7 500 habitants, la « métropole » la plus proche est Durango = 29 000 habitants). Il faut compter une demi-heure pour rejoindre l’université de Bilbao et bus.

Ce n’est donc pas l’endroit le plus animé d’Espagne, mais c’est certainement un très bel endroit pour s’entraîner à vélo, au milieu des montagnes.

La vue depuis ma chambre. Il y a pire.

Je m’installe petit à petit. J’avais oublié la sensation de découvrir totalement un nouvel endroit, avec en bonus le passage dans une langue qui n’est pas ma langue maternelle. Tout devient une petite aventure, comme par exemple… Aller chez le coiffeur. Plus concentré sur ma conversation -pour bien choisir mes mots- que sur mes cheveux, je me suis retrouvé avec du « muy muy corto » alors que j’avais demandé du « corto ». Mais bon, comme ça je suis aérodynamique, j’ai moins chaud et j’ai un look un peu espagnol.

Je partage l’appartement avec 3 autres coureurs de l’équipe. Aucun de nous n’est Basque, ce qui fait un beau mélange des cultures : Alvaro l’Andalou, Juan le Colombien, Archie l’Irlandais et moi. Un autre style de colocation Erasmus !

Ouf ! J’ai trouvé le vélodrome le plus proche, à Berriz. La seule façon de faire 250 mètres de plat dans les environs !

Mais je n’ai pas passé beaucoup de temps dans l’appartement cette semaine : de mercredi à vendredi j’étais à Ségovie, en Castille-et-León, pour une « Vuelta » sur 3 jours. Après 2 semaines où je me suis peu entraîné et où je n’ai pas pu me reposer avec la fin de l’INSA et le déménagement, cette course a été compliquée. Comme elle l’a été pour tout le monde, car le niveau était très relevé et le parcours exigeant. En résumé : le premier jour, pluie, vent, grêle (entraînant même une interruption de la course pendant plus de 20 minutes), pavés, bordures. Juan parti en échappée est repris à 2 kilomètres de l’arrivée, pour ma part je termine dans le peloton réduit à une soixantaine de coureurs. Le deuxième jour, grosse étape de montagne. J’accompagne les meilleurs 2 kilomètres dans le premier col avant de sauter et de retrouver mes coéquipiers dans un deuxième peloton. Mais je suis en sursis et je saute dans le second col et termine à 12 minutes. Devant, nos Espoirs 1 ont fait une belle étape et se classent dans les 40 premiers. Le troisième jour, retour des bordures et des pavés. Je suis « dans le dur » et après un début de course où nous avons tenté sans succès de prendre l’échappée, je passe toute l’étape à m’accrocher comme je peux. Aucun de nous n’arrive à rejoindre la tête de la course, je termine avec 3 coéquipiers dans le troisième groupe à 1 minute du vainqueur. Malgré tout nous avons répondu présent collectivement puisque nous terminons 7ème équipe (sur 23) au général, et individuellement nous sommes 5 coureurs sur 6 à terminer, tous entre la 35ème et la 50ème place du général. Il y a donc bien sûr des points à améliorer mais pas de quoi rougir de nos performances.

Jon « El Muni » et moi en mode touristes lors d’une sortie récup à Segovia.

Bref un concentré d’expériences nouvelles pour moi, avec en plus la découverte de mes nouveaux coéquipiers, du staff et du peloton espagnol en général, que j’ai trouvé beaucoup plus nerveux que le peloton élite en France.

Aujourd’hui, journée « récup »… Avant de remettre ça demain sur une classique montagneuse à Beasain, en terre Basque !

About the author

Mi-cycliste, mi-étudiant en ingénierie mécanique à l'INSA Lyon.
En échange Erasmus à l'Université du Pays Basque à Bilbao pour l'année 2018/2019. J'ai regardé 300 fois "l'Auberge Espagnole" et "Le vélo de Ghislain Lambert" avant de me lancer dans l'aventure.

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