D’un « France » à l’autre

Hyères, souvenir amer

La semaine à Hyères a été compliquée. Cela avait pourtant bien démarré avec une série de poursuite par équipe propre où nous réalisons notre meilleur temps en 4’29 » . Mais malgré cela, nous étions bien loin des Bretons, 3ème temps en 4’22 »bien que très désorganisés. Pour la finale, nous décidons de tenter le tout pour le tout en partant très vite : car en poursuite, si l’on parvient à rattraper l’équipe adverse avant la fin des 4 kilomètres, le match est remporté. Ce coup de poker s’est retourné contre nous puisque nous n’avons pas réussi ce départ « canon » et nous avons volé en éclats, moi le premier ! A l’arrivée, c’est bien sûr la déception qui prime. Nous sommes frustrés de ne pas avoir été homogènes, un peu honteux d’avoir présenté un si mauvais visage en finale après une série plus que correcte. Malgré tout j’ai aimé travailler avec cette équipe, nous avons beaucoup appris en peu de temps, même dans la douleur…

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Effort bien « en ligne » lors des séries du matin, ça ne sera pas le cas le soir… Je mène l’allure devant Julien Préau, Baptiste Didier, Arnaud Boudras. Photo Thomas Maheux : thomasmaheux.photoshelter.com

Après une journée de repos où j’ai vu mes coéquipiers courir l’américaine, j’ai attaqué les épreuves individuelles par les qualifications de la course scratch. Et là… Comment dire ? Tout se passait plutôt bien, à l’approche du final la qualification est encore envisageable. Je me place pour le sprint mais, surprise ! Je me retrouve en tête du peloton un peu trop tôt par rapport à ce que j’espérais. Il restait environ 600 mètres. C’est là que mes neurones ont sauté : je me suis dit que nous étions trop proche de l’emballage final pour que je puisse aller m’abriter. Alors, quitte à prendre la tête, autant essayer de la garder jusqu’au bout… Ce qui n’a bien sûr pas fonctionné, j’ai emmené dans un fauteuil tous mes concurrents. Dépassé dans le dernier tour, je ne passe évidemment pas en finale. Quelle erreur ! Cette course me laisse énormément de regrets car même si je n’avais pas les jambes pour monter sur le podium de ce championnat très relevé, j’avais les moyens d’être dans le coup. Perdre ne me pose aucun problème tant que j’ai donné mon maximum. Mais là, je me suis mis hors jeu tout seul.

Ne pas échouer mais apprendre

Après quelques jours de repos j’ai pris un peu de recul, et j’ai analysé à nouveau ma course. J’ai compris certaines choses, dont une évidence : j’ai eu peur. Peur de mes adversaires, peur de ne pas pouvoir les suivre au sprint. J’ai paniqué et oublié tout ce que je sais faire. J’ai fait un gros travail de préparation mentale ces dernières années pour régler certains aspects techniques, et surtout appréhender de façon globale mon cursus « sport-études » qui ne me laisse aucun répit. J’ai appris à gérer le quotidien tout en ayant une perspective globale, à faire le vide au moment d’aborder une épreuve, à être plus zen. Mais à Hyères, j’ai perdu mes moyens au moment du geste décisif, un peu comme un basketteur qui manquerait le shoot de la victoire au buzzer. Et en y réfléchissant, ce n’est pas la première fois que ça m’arrive, sur le vélo et face à d’autres situations aussi. Dommage de ne s’en rendre compte que maintenant, il aura fallu un électrochoc sur un championnat ! La formation de l’Académie de coaching que j’ai suivie l’hiver dernier avec le LSE m’a aidé aussi à faire cette analyse. A défaut de tirer des gros résultats de ces championnats, j’en ramène au moins une perspective de travail.

Ceci dit, je n’ai pas terminé le championnat sur une note aussi négative. Car après la série du scratch, j’ai aussi couru la série de la course aux points. Il y avait un peu moins de 3 heures entre les deux courses, mais j’ai réussi à me remobiliser complètement. Je fais une belle course, j’arrive rapidement à prendre un tour au peloton pour marquer 20 points. Mais ce ne sera pas suffisant, et sur le dernier sprint, la qualification m’échappe pour 2 points et quelques centimètres. Dommage de ne pas être récompensé. Mais cette fois-ci aucun regret : j’ai fait ma course, j’ai été dans l’allure, même si bien sûr j’aurais aimé courir la finale. J’ai vu que je pouvais jouer avec les meilleurs, même si à ce petit jeu je suis encore perdant. Mais quelle progression par rapport à l’an dernier, quand j’avais pris une claque en coupe de France !

Saurez-vous identifier le maillot du Lyon Sprint Evolution dans ce peloton ?

Voilà quelques jours que je suis rentré, après un peu de repos, me voilà reparti à l’entraînement pour l’autre championnat de France qui m’attend en septembre : le demi-fond ! Avec la motivation supplémentaire de courir à domicile, et une petite revanche à prendre par rapport à Hyères.

Résultats

Championnat de France piste : poursuite par équipes avec le comité Auvergne-Rhône-Alpes, 4ème (temps série 4’29 », rattrapés en finale); scratch : 18ème de la série; course aux points : 13ème de la série.

A venir

Dimanche 27/08 : route à Chavannes sur Reyssouze (toutes catégories)

Samedi 02/09 : piste à Lyon – challenge Gaby Coche

Vendredi 08/09 : demi-fond à Rennes

Samedi 09/09 : demi-fond à Couëron

Samedi 16/09 : championnat de France de demi-fond à Lyon

About the author

Mi-cycliste, mi-étudiant en ingénierie mécanique à l'INSA Lyon.
En échange Erasmus à l'Université du Pays Basque à Bilbao pour l'année 2018/2019. J'ai regardé 300 fois "l'Auberge Espagnole" et "Le vélo de Ghislain Lambert" avant de me lancer dans l'aventure.

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